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Robert Barriot a
illustré "Les Galériens", un poème de
Constant Hubert, par une série de plaques non émaillées, en cuivre brut. |
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| Les yeux des personnages de Barriot sont
toujours exorbités. Inquiets, fixes ou fuyants, ils sont les premiers à capter, à
attirer irrésistiblement les nôtres. Hantés par la vrille vertigineuse de leurs
réflexions vitrifiées, ils magnétisent inéluctablement notre propre regard, comme des
questions sans réponses. Il en est un surtout qui résume toutes les interrogations et les douleurs humaines. Cest "Oedipe" (0,70m x 0,60m) dont les yeux sont crevés et qui, la bouche tordue par dindicibles souffrances, semble articuler une plainte muette. Dans ses orbites vides, dans les milliers de sillons et de hachures longuement burinés, lémail "rouge de cuivre", lors des cuissons successives, a coulé en micro-fleuves de feu. |
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Derrière la figuration, presque sous la surface, cest encore le feu qui donne vie à la matière, une interminable coulée volcanique qui allume le cuivre, se perd en irridescence, explose en bouquets ou crépite en millions détincelles. Ce feu cest la vie et lâme des personnages de Barriot. Cest ce même feu qui la consumé tout au long de cinquante ans de création, cinquante ans dune vie entièrement consacrée à lart. |
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